Cet article présente des légendes urbaines diffusées à Bruxelles et reflétant un imaginaire urbain mâtiné de caractéristiques locales. Présentés comme des faits-divers alors que leur véracité est douteuse, ces récits mentionnant la capitale relatent des agressions ou des dommages arrivés à un anonyme ou à l'ami d'un ami, dans les espaces publics quotidiens, les lieux de passage, les itinéraires personnels ou des commerces connus. Mettant en scène la confrontation avec l'Autre, des machines ou la Nature, ils présentent Bruxelles comme un lieu de danger où la sécurité devient l'affaire de tous. Si les récits peuvent servir d'avertissement, ils permettent aussi aux individus de réaffirmer leur identité en désignant des boucs émissaires. Toutefois ces légendes s'ancrant à Bruxelles peuvent provenir d'ailleurs et se diffuser internationalement. Les lieux cités sont des leurres, destinés à augmenter le sentiment de proximité, les affects et l'identification de leurs récepteurs aux personnages des récits. Bruxelles y apparaît comme une coquille vide présentant les mêmes caractéristiques que toute grande ville des pays occidentaux industrialisés. Une coquille toutefois nécessaire à l'imaginaire contemporain!