Après plus de quatre années d'engagement sans réserve, le Secrétaire de rédaction de la revue Brussels Studies, Christophe Mincke, quittera bientôt ses fonctions pour se tourner vers de nouvelles responsabilités. Benjamin Wayens lui succédera bientôt.
Cet article revient sur le débat, non-tranché à ce jour, qui oppose la Région de Bruxelles-Capitale et la SNCB quant à la création de nouvelles gares urbaines dans le cadre du projet RER. Notre objectif est de tenter de fournir une appréciation objective (ou à tout le moins méthodologiquement transparente et clairement exposée) et à jour de celles-ci. Après avoir présenté la problématique et débattu des méthodes possibles, nous proposons un calcul de potentiel pour chacune des gares proposées par les différents documents planologiques de la Région. Ce faisant, nous montrons la pertinence de la plupart d’entre elles, dont une part significative présente un intérêt supérieur à celui des gares secondaires existantes à Bruxelles. Cependant, les gares les plus prometteuses sont bien souvent celles qui semblent les plus difficiles à réaliser techniquement, et inversement. Au-delà de la froideur des résultats, nous insistons sur le fait que la décision de (re)mettre une gare en service dépend in fine avant tout de l’action politique, elle-même étant le reflet de la prise en compte (ou non) d’enjeux de dimensions et de nature potentiellement variés, ce que montrent nos quelques études de cas.
Par comparaison aux autres grandes villes européennes, la Région de Bruxelles-Capitale présente une configuration inédite en termes de représentation politique des élus issus de la diversité et en particulier des élus musulmans. En effet, près d’un député sur cinq siégeant au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale est de culture musulmane. Cette originalité est d’autant plus forte que l’un des sièges du Parlement bruxellois est attribué pour la première fois à une députée musulmane portant un foulard (Mahinur Ozdemir), ce qui constitue une première dans toute l’Union européenne. Sur base d’un travail documentaire mais aussi d’une démarche empirique effectuée à partir d’entretiens réalisés avec des députés bruxellois, des acteurs associatifs mobilisés avant les élections et une observation ethnographique de la campagne électorale, la présente contribution essaie de comprendre les facteurs explicatifs de cette représentation politique, assez exceptionnelle en Europe, en posant l’hypothèse de l’influence déterminante des paramètres institutionnels, combinés à l'évolution démographique et à la mobilisation associative des musulmans à Bruxelles.
Cet article présente des légendes urbaines diffusées à Bruxelles et reflétant un imaginaire urbain mâtiné de caractéristiques locales. Présentés comme des faits-divers alors que leur véracité est douteuse, ces récits mentionnant la capitale relatent des agressions ou des dommages arrivés à un anonyme ou à l'ami d'un ami, dans les espaces publics quotidiens, les lieux de passage, les itinéraires personnels ou des commerces connus. Mettant en scène la confrontation avec l'Autre, des machines ou la Nature, ils présentent Bruxelles comme un lieu de danger où la sécurité devient l'affaire de tous. Si les récits peuvent servir d'avertissement, ils permettent aussi aux individus de réaffirmer leur identité en désignant des boucs émissaires. Toutefois ces légendes s'ancrant à Bruxelles peuvent provenir d'ailleurs et se diffuser internationalement. Les lieux cités sont des leurres, destinés à augmenter le sentiment de proximité, les affects et l'identification de leurs récepteurs aux personnages des récits. Bruxelles y apparaît comme une coquille vide présentant les mêmes caractéristiques que toute grande ville des pays occidentaux industrialisés. Une coquille toutefois nécessaire à l'imaginaire contemporain!
Cet article examine dans quelle mesure le « vivre ensemble » entre Grecs et Turcs à Bruxelles peut se mesurer à l’aide des transactions commerciales. La question est de savoir quel est l’impact des échanges monétaires sur les frontières symboliques séparant ces groupes sociaux et comment ces échanges ont évolué dans le temps. Si, dans les années qui ont suivi leur installation à Bruxelles, les interactions marchandes entre Grecs et Turcs furent définies par la posture d’affinité (par conviction ou par nécessité), celles qui ont lieu actuellement s’inscrivent plutôt dans le cadre d’un cosmopolitisme urbain, défini par la posture d’indifférence. Même si les transactions commerciales constituent un espace de hiérarchisation, elles fonctionnent également comme un lieu de mise en contact ou de confrontation, où chaque acteur social réinterprète son propre passé national et se positionne par rapport à l’héritage du conflit gréco-turc et de ses représentations.
Bien que la situation bruxelloise se soit considérablement améliorée ces dernières années, la gestion – l’identification, la protection et la conservation – du patrimoine bâti d’Ancien Régime connaît toujours un certain nombre de problèmes d’ordre administratif, réglementaire et scientifique. Cet article entend démontrer l’importance du développement d’une archéologie régionale du bâti : [1] en dressant le bilan de l’étude et de la protection du patrimoine architectural ancien à Bruxelles ; [2] en identifiant les principaux problèmes qui perturbent actuellement cette gestion ; [3] en proposant plusieurs pistes de solution et en montrant le potentiel d’un tel développement pour l’avenir de la ville-Région.