Brussels Studies : La revue scientifique électronique pour les recherches sur Bruxelles

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Marguerite Silvestre

09/11/2016

Philippe Vandermaelen, Mercator de la jeune Belgique

Cet article présente les conclusions d’un livre édité concomitamment par la Bibliothèque royale de Belgique : Philippe Vandermaelen, Mercator de la jeune Belgique. Histoire de l’Établissement géographique de Bruxelles et de son fondateur. Cette publication est l’aboutissement de vingt-cinq années de recherche au sein de la section des Cartes & Plans, dépositaire de l’exceptionnelle collection cartographique et documentaire de l’Établissement géographique de Bruxelles. L’article et l’ouvrage auquel il se réfère restituent la vie du géographe visionnaire, dans un cheminement chronologique où l’axe principal est sa production cartographique (méthodologie, collaborations, levés, nivellements, gestion commerciale, etc.) pour aboutir à un passage de témoin au Dépôt de la Guerre, futur Institut géographique national. Il ouvre aussi, dans une démarche transversale, les portes des différentes créations institutionnelles de Vandermaelen : le centre de documentation, la galerie d’histoire naturelle, l’école de lithographie et l’École Normale, le musée ethnographique, l’organisation d’expéditions scientifiques.

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Catherine Xhardez

24/10/2016

L’intégration des nouveaux arrivants à Bruxelles : 
un puzzle institutionnel et politique

En Belgique, la Région de Bruxelles-Capitale constitue la principale porte d’entrée de la migration internationale. Comme partout en Europe, l’enjeu de l’immigration et en particulier de son « après », à savoir l’insertion des nouveaux arrivants dans la société d’accueil, y est particulièrement sensible. Au sein de l’Etat fédéral belge, les entités fédérées ont mis en place des politiques d’intégration différentes. Récemment, celles-ci ont connu des bouleversements majeurs, en particulier à Bruxelles où le résultat est interpellant. En effet, des institutions différentes (potentiellement concurrentes) y sont compétentes et il existe, aujourd’hui, sur un même territoire, deux parcours d’intégration civique : un néerlandophone et un francophone. L’ambition de cet article est de détailler ces politiques, en les inscrivant dans le contexte institutionnel bruxellois, particulièrement complexe. Il s’agit non seulement d’étudier et de comprendre le dédale institutionnel dans lequel ces politiques s’inscrivent mais aussi de les décrire afin de les comparer. Ce puzzle institutionnel n’est pas sans conséquences pour les acteurs : que ce soit les autorités ou les migrants eux-mêmes.

Répartition géographique de la vidéosurveillance dans les lieux publics de la Région de Bruxelles-Capitale

Depuis son introduction au début des années 1990 à Bruxelles, la vidéosurveillance dans l’espace public a pris de l'ampleur et ses objectifs se sont élargis. Le réseau de caméras de la capitale belge s'est étendu par vagues successives, gagnant du terrain sur le plan à la fois physique et idéologique. Le présent article vise à étudier le déploiement et la répartition géographiques des caméras dans les lieux publics à Bruxelles, ainsi que les politiques et les logiques sous-jacentes. Nous avons dressé une carte exhaustive montrant la répartition spatiale des caméras de voie publique installées dans toute la région. Une série d'entretiens semi-directifs avec des représentants des autorités publiques et de la police locale est venue compléter cette analyse spatiale. Il en est ressorti que le réseau bruxellois de caméras de surveillance s'inscrit dans un contexte de concurrence mondiale entre les villes et de gouvernance néolibérale à l'égard de l'insécurité, ce qui nous a par ailleurs amenés à nous interroger sur le recours effectif à la vidéosurveillance à la lumière de son économie politique locale.

Quand gérer des feux de circulation préfigure des choix de mobilité. Les enjeux stratégiques d’un outil technique

Cet article entend ouvrir la boite noire du système de télécommande des feux utilisé par le transport public bruxellois. Ce dispositif technique redistribue le partage temporel de l’espace en faveur du transport public et est ainsi censé permettre de juguler l’effritement constant de la vitesse commerciale auquel la Société de transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) est confrontée et, partant, de faire des économies en termes d’exploitation. Notre objectif est de rendre ce dispositif technique intelligible et de mettre en lumière les enjeux politiques qui le sous-tendent en termes de gestion de l’espace. On retrouve évidemment au cœur des discussions sur la télécommande des feux la question de la place respective du transport public et de l’automobile dans le cadre d’un niveau d’encombrement des voiries très élevé. Par cette démarche, c’est également le travail peu visible de l’administration (dans ce cas, Bruxelles Mobilité), dans sa capacité à créer des compromis, qui est mis en exergue, avec ses avantages et inconvénients, pour qu’un projet fonctionne au sein de l’« écosystème bruxellois ».

Note de synthèse BSI. Sur les traces de la Première Guerre mondiale à Bruxelles

Le centenaire de la Première Guerre mondiale a remis cette période sous les feux des projecteurs. Le retentissement médiatique des premières commémorations a été tout à fait inédit, voire surprenant, pour un conflit longtemps resté dans l’ombre d’une Seconde Guerre mondiale plus meurtrière encore. Si tout portait à croire que la Grande Guerre n’était plus qu’un lointain souvenir, force est de constater qu’elle fait encore l’objet d’une réelle curiosité de la part du grand public.

Ce centenaire a aussi engendré une multitude de publications dont beaucoup s’inscrivent dans le renouveau des recherches historiques sur la Première Guerre mondiale en cours depuis une grosse vingtaine d’années. Le cas de la Belgique, théâtre de combats et territoire presque totalement occupé, a été abondamment étudié. Par contre si une série de travaux récents ont pris Bruxelles pour cadre d’analyse, une synthèse globale spécifiquement consacrée à la capitale fait encore défaut. Cette première note synthétise donc les traces matérielles et les héritages immatériels du conflit à Bruxelles.

L’ambition n’est dès lors pas de retracer l’histoire de Bruxelles pendant la Première Guerre mondiale, ni même de présenter les derniers travaux sur ce sujet mais de répondre à quelques questions simples que se posent aujourd’hui les Bruxellois : que reste-t-il de la Première Guerre mondiale dans la capitale ? Qui s’y intéresse et pourquoi ? Quelles résonances ce conflit a-t-il encore aujourd’hui dans les mémoires bruxelloises? Comment se répercutent-elles dans l’espace urbain ? En d’autres mots, cette note prend le parti de renverser la temporalité historique pour observer le résultat opéré par le tri du temps.